Cécile Navarre est étudiante en première année de master de géographie, “Développement Culturel et Valorisation des Patrimoines” à l’université de Cergy-Pontoise. Du 15 avril au 15 juin 2019, elle était en stage à L’Oasis de Serendip, période durant laquelle elle était en immersion totale sur le lieu.

Pour cette année charnière dans mes études, j’ai fait le choix de la thématique des alternatives culturelles. Plus précisément, ce travail traite de l’observation d’un changement de paradigme, qui modifie nos pratiques culturelles, et qui vient poser la question de la place de “l’alternatif” dans les actions culturelles aujourd’hui.

Le choix de l’Oasis comme lieu d’observation de ce changement de paradigme était pour moi une évidence, qu’il a fallu que je traduise sur le papier. Il a donc été nécessaire d’observer dans un premier temps les définitions des notions de cultures et d’alternatives qui sont toutes deux complexes et chargées de sens. Pour cela j’ai fais le choix de définir la notion d’alternative par rapport à une culture dominante qui se traduit dans les institutions qui proposent une programmation culturelle, classique, dans des lieux dédiés à celle-ci. De là les alternatives culturelles me sont apparues nombreuses et variées, j’ai donc sélectionné un type d’action culturelle alternative précis, en lien avec le vivant et la nature.

L’Oasis m’a permis de faire un lien fort entre les transitions exercées dans le contenu des formations proposées, et mon sujet de mémoire. Mon sujet a été créé en fonction de l’Oasis, car je tenais absolument à vivre cette expérience d’immersion. Il a donc fallu que je trouve le bon angle pour pouvoir aborder ce lieu, dans le cadre de mes études de géographie! Cet angle a été celui du tiers-lieu, car l’Oasis cumule plusieurs fonctions: celui de lieu de vie, d’espace de travail, mais aussi d’accueil et de formation. C’est un endroit où l’on expérimente un art de vivre différent, les alternatives étant une certaine norme, l’exemple a été très enrichissant pour mon étude.

J’ai choisi de mener une enquête auprès des membres de l’Oasis par le biais de deux questionnaires, le premier sur leur vision du collectif, et le second sur leur vision de la culture. Cet exercice a été très important pour moi car il s’agissait de repérer un sentiment d’appartenance à un groupe pour pouvoir ensuite questionner la culture de celui-ci. Les résultats de cette enquête m’ont permis de raisonner autour d’une vision anthropologique et sociologique de la culture. Tous les membres de l’Oasis ont évoqué le sentiment d’appartenir à un groupe et d’avoir une culture commune, créatrice d’alternatives, le “vivre autrement” étant un des but fondateur du projet.

Ce stage a été un réel voyage pour moi, tant sur le plan émotionnel que sur le plan mental. La définition de tiers-lieu atypique et alternatif résonne comme des mots presque trop creux pour exprimer tout ce que ce lieu est capable de révéler. Le processus de transition intérieur abordé durant les formations permaculture humaine, est un aspect essentiel à mes yeux, car il permet de relier l’être humain à sa nature et à la nature. La transition extérieur évoquée comme l’ensemble des systèmes mis en place pour vivre en accord avec le vivant. Le changement de paradigme évoqué dans mon étude a été l’espace idéal pour accueillir ces notions de transition, et pour les définir comme étant l’une des valeurs principales qui habite les alternatives culturelles aujourd’hui.

La culture a ce pouvoir de faire apparaître des liens entre les actions des hommes et leur environnement, car celle-ci est inhérente à chaque groupe humain et chargé d’une connotation ethnocentriste. Il existe une culture particulière à l’Oasis, en mouvement constant, en perpétuelle renouvellement avec un effort d’adaptation aux publics qui s’y retrouvent. Cette culture est en construction et laisse le champs libre aux expressions de chaque personne qui s’invite sur le lieu. Aussi, l’échange est de mise en ces lieux, avec les humains, le vivant et l’inerte, cela participe à cette culture, cela l’alimente.

C’est une expérience assez incroyable que de pouvoir réaliser un travail de recherche scientifique dans un nouveau lieu de la culture humaine. Cela demande une grande capacité d’observation et de remise en questions permanente, qui mène à un travail, je l’espère, de qualité! L’accompagnement des membres de l’Oasis dans la réalisation de mon étude a été essentielle, dans une bienveillance et une compassion qui m’ont énormément touchée. Merci à eux pour tout ce qu’ils font, et pour avoir fait du mouvement des” Oasis en tous lieux”, une véritable “Oasis en tiers-lieu”.

Lire le mémoire de Cécile Navarre en intégralité.

0 Commentaires

Laisser un commentaire

©2019 L'Oasis de Serendip - 981, chemin de Crozat 26400 EURRE

NOUS CONTACTER

Nous vous répondrons dès que possible !

En cours d’envoi

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?

%d blogueurs aiment cette page :